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RDC/Politique: Les notables du Sud-Kivu, font-il de la politique de l’autruche au détriment de la province ?

Six décennies après l’indépendance, au lieu de son émergence, la RDC en général et plus particulièrement la province du Sud-Kivu ne fait que régresser à tel point que plus d’un observateur averti craint sa dégénérescence.

Des gouverneurs se sont succédés et dans leurs discours la population est toujours nourrie d’espoir de voir son sort s’améliorer mais au finish c’est du « feu de paille ». Le cas le plus récent est celui de « Gouverner autrement« . Contre toute attente, les conditions de vie se détériorent, les espoirs se dissipent, la cohésion voir le pacte social s’amenuise.

Depuis l’organisation des premières élections démocratiques, cinq gouverneurs se sont succédés à la tête du Sud-Kivu mais le bilan de leur mandat individuel ou cumulé est très anodin. Aucun d’eux ne semble avoir touché réellement les attentes de la population.

A en croire, le diktat de Kinshasa a une importante part de responsabilité dans la mauvaise gouvernance caractéristique du Sud-Kivu.

En plus des intérêts politiques et les clivages tribalo-ethniques preuve indubitable du « NEPOTISME », les questions d’affaires commerciales viennent repeindre en sombre le tableau de la situation chaotique en province.

La province du Sud-Kivu figure parmi les entités relativement privilégiées par la nature au regard des potentialités dont elle regorge, et sur le plan géopolitique elle a toujours été classée en ordre utile quant aux postes de responsabilité et influence nationales. Elle a eu le tout premier président de l’Assemblée Nationale démocratiquement élue, d’importants postes ministériels, des positionnements dans les entreprises et l’administration publique… Ce qui est fort regrettable, au lieu d’œuvrer pour l’émergence, ces élites se démarquent par le « développement du sous-développement » de leur province.

A l’issu de la première alternance politique démocratique en RDC, toutes les institutions devant revêtir nouveau, l’on espérait ainsi à un nouveau souffle qui soulagerait tant soit peu la misère indescriptible de la population en paupérisation, mais hélas !

Pour le cas d’espèce, la province du Sud-Kivu a vu sous haute implication politique, hissé Monsieur Théo Ngwabidge Kasi, qui semblait être le candidat de consensus, avec le soutien desdits « Notables » de toute tendances confondues, avec comme pionnier et tuteur une icône de taille sur la scène sociopolitique congolaise, Monsieur Modeste BAHATI LUKWEBO, actuel président du sénat.

Ce dernier a fait preuve d’une incapacité quasi-totale à gouverner la province et est resté la cible de toutes contestations. Son mentor, de la présidence du sénat où il se trouve ne voit pas de mauvais œil la misère de ses concitoyens à la base, n’écoute pas non plus les cris de la population et de l’Assemblée provinciale dont il manipule une partie, la régression de la province ne retient pas son attention mais plutôt son investissement mobilier, immobilier et des services privés en province «son Affairisme». Voilà pourquoi il ne lâche pas prise, entretenant ainsi un flou au risque de compromettre définitivement la cohésion sociale et le peu d’espoir de progrès de la province.

L’opinion publique s’indigne de son obstination à soutenir un ex gouverneur qui du reste n’est plus ni légal ni légitime au regard de son désaveu par la grande majorité de la population en plus de sa déchéance par l’assemblée provinciale à la suite du vote d’une motion de censure.

La province du Sud-Kivu fait l’objet de plusieurs affres et atrocités, elle souffre d’une crise de leadership soucieux de son développement et capable de s’engager en faveur de l’intérêt général. Cette fragilité profite aux divers antagonistes et « tireurs de ficelle » qui font de cette dernière un marchepied au mépris de sa population alors que c’est la province qui a toujours été pionnière des courants qui impulsent le changement à travers la République.

La population du Sud-Kivu, est-elle victime de sa générosité envers ses bourreaux, qui par ailleurs devraient la protéger ? Est-elle devenue naïve ?

Sans une prise de conscience collective, une union d’efforts et un engagement soutenu, le Sud-Kivu risque de demeurer l’ombre d’elle-même.

L’avenir nous en dira plus !

Pour rappel, « Politique de l’autruche » : Cette expression rappelle la légende selon laquelle les autruches s’enfouissent la tête dans le sable lorsqu’elles ont peur, ce qui leur évite de voir ce qui les menace. « Appliquer la politique de l’autruche » signifie donc que l’on refuse de voir le danger là où il est.  Refus d’accepter le danger.

Samy MULEMANGABO/Analyste

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